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21 novembre 2014 5 21 /11 /novembre /2014 21:16
Golega

Or donc, jeudi fin de journée, nous nous mettons en route vers Golega, la mythique. Laurent est impatient, c'est peu dire... Il se rappelle même qu'il a participé à des rallyes dans son jeune temps, ... et nous fait un petit coup de jeunisme! Jeanne et moi sommes un peu... secouées! D'autant que Laurent, en metteur en scène consommé, veut me faire découvrir ce petit village par la campagne. Soit 30 km de petites routes, parsemées de coups de freins brusques quand nous passons devant des portails prometteurs d'élevages... Et dans la nuit, là-bas au loin, surgissent enfin 4 énormes projecteurs... C'est là-dessous que se trouve la Mecque du cheval lusitanien.

Golega

Au milieu, il y a la grande carrière, là où se font une bonne part des concours et où sont données toutes les démonstrations, elle est entourée d'une lice de bois. En fait, c'est la place centrale de ce petit village de 5000 âmes... qui en compte quelques milliers en plus pendant cette foire de la St Martin. Autour de la place, il y a un trottoir, avec une minuscule tribune, qui permet d'admirer les évolutions des chevaux. Encore autour, il y a un anneau de sable, et c'est principalement lui qui retient l'attention. S'y déroule, presque exclusivement dans un sens, une espèce de défilé hypnotique de chevaux, de tôt le matin... à tôt le matin! Du plus petit éleveur avec son unique étalon au grand élevage multi-médaillé qui sort son cheptel de jeunes chevaux, tous se côtoient, sur un même pied, en costume traditionnel, en costume classique, chevaux toilettés, soignés pour la présentation. Cet anneau, aux belles heures, et noir de chevaux! C'est une célébration du cheval, à laquelle on est sensible... ou non. C'est en tout cas celle d'un peuple cavalier, qui vit sa tradition.

Golega

Tout autour de l'anneau de parade se trouvent les casetas : petites constructions au charme rustique, il s'agit de chalets appartenant aux plus gros élevages, dans lesquelles les amis (et les amis des amis) sont toujours bienvenus (et l'hospitalité portugaise n'est pas du tout une légende) autour du jambon fumé, des olives et du verre de vin rouge, rosé ou blanc. Jouxtant les chalets, des stalles, où sont présentés les plus prometteurs éléments d'élevage. C'est souvent derrière les chevaux que se discutent les affaires. Un manège couvert tout proche permet aux professionnels de présenter les chevaux à d'éventuels acheteurs. Il y a des touristes, des gens de chevaux, des cavaliers, des anonymes, on parle portugais, français, anglais, on rencontre des amis attendus ou non, on se fixe des rendez-vous improbables, des dîners qui deviennent des soupers, on échange des mails et des portables, et on parle chevaux jusqu'à plus soif...

Golega

La fête est bon enfant, traditionnelle, enfants admis. Le tempérament portugais est placide et non agressif. Oui, il s'agit d'une foire, comme beaucoup de foires partout en Europe. Celle-ci présente la particularité d'être "chevaux admis". La météo y joue un grand rôle, et aux dires des autochtones, cette année-ci était particulièrement merdique : plusieurs représentations ont été annulées ou déplacées dans le manège couvert, comme la présentation de l'Ecole Portugaise d'Art Equestre, qui si elle a été superbe, a aussi été très courte! Juste 2 petits numéros, beaucoup trop court! Le parapluie constitue d'ailleurs l'accessoire absolument indispensable au moindre déplacement : tout le monde a son pépin pendu au bras! Et il paraît que Golega sans pluie, ce n'est pas Golega! Le second ou le 3ème jour, on se recroise, on commence à être attentif aux détails, on comprend un peu le fonctionnement... et quand on cherche plutôt la tranquilité comme moi, on trouve dans une expo où un abri un coin tranquille où regarder ce bon peuple ... qui dans l'eau fait des ronds... Oups! ... qui patauge gaiement dans la gadoue "juste pour des chevaux"...

Golega

Le samedi, il y avait un hommage spécial à un grand cheval, Oxidado, triple champion du monde d'équitation de travail, avec son cavalier Pedro Torres. Je n'ai pas assisté à l'hommage lui-même, j'ai assisté à la répétition la veille dans le manège couvert, et c'était un pur régal... L'équipe complète d'équitation de travail du Portugal au botte à botte... et au changement de pied au temps, c'était ... assez indescriptible! Oxidado est un cheval qui a 19 ans reste exceptionnel : un pur guerrier, au physique très impressionnant, en complète osmose avec son cavalier...

Golega

Il y a une chose qu'on oublie pas de Golega (et qui ne m'a pas vraiment réussi) : l'odeur des châtaignes grillées! Il y en a partout! C'est peut-être délicieux, mais... ça pue! Je m'en suis sauvée, c'était l'horreur! ... et déjà il faut songer au retour : l'hôtel n'est pas tout près et la fatigue se fait sentir. Et puis il ne faut pas gâcher l'impression de fête en restant trop tard dans la nuit. La sortie de la ville, qui s'intitule elle-même "la capitale du cheval" est marquée par un grand rond-point... avec tout autour des marques d'éleveurs. Jeanne et moi ne sommes pas prêtes à oublier ce dernier petit souvenir...

Golega

Toutes les photos illustrant cet article, hormis l'affiche, sont signée par Laurent Vilbert. On peut les retrouver sur son mur fb, ainsi que beaucoup d'autres. Merci à lui et à sa charmante épouse de m'avoir emmené dans cet improbable voyage.

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Published by Pascaline Martin
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