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23 février 2015 1 23 /02 /février /2015 17:22
Malade... et garde-malade

Ca faisait quelques jours que Dalgo était immobile, toute la journée ou presque, juché sur les rares petits monticules secs autour de l'écurie. Faut dire que l'hiver ne nous a pas gâtés. Entre les trombes d'eau qui inondent le terrain et le pourtour de l'écurie; et un (adorable) poulain qui s'est chargé de la démolition des gouttières, je peux me lancer dans l'élevage de grenouilles, elles seraient à l'aise. Tout est sous 10 à 20 cm de boue. Et mes chevaux ne sont ni des palmipèdes ni des camargues. Donc ils pataugent, toute la journée, dans la bouillasse. Les travaux sont prévus... au printemps... (ils devaient être faits pour l'hiver, bien sûr).

 

Hier matin, donc, je garde Dalgo (qui d'ailleurs refusait de sortir) à l'écurie et j'examine ses pieds. Pas bien compliqué de comprendre ce qui se passe : boite cornée gorgée d'eau et toute molle, et fourchette noire... 3 pieds sur 4 sont atteints, et chauds : fourchettes pourries. Fourte (je reste polie). Première mesure : assécher, et donc mettre le loulou au sec. Seconde mesure : bien nettoyer, pour évaluer plus précisément les dégâts et voir s'il y a lieu d'appeler le maréchal, le véto ou les 2. Une amie vient obligeamment me tenir le dadou pendant que j'applique le premier traitement pour désinfecter un peu. Quel cheval adorable : alors que je l'oblige à se tenir sur des pieds douloureux, il ne bouge pas d'un poil et se laisse faire même lorsque je gratte et sonde les pieds.

 

Le premier jour au boxe se passe sans aucun souci : c'est le malade le plus facile que j'aie jamais eu à garder à l'écurie (je ne supporte pas de devoir enfermer un cheval). Aujourd'hui, second jour, petit souci : c'est moi qui suis malade. Rien de grave, que de l'habituel : une grosse crise de migraine. Je soigne donc vaille que vaille, et pour que Dalgo puisse faire quelques pas, je laisse la porte de son boxe ouverte sur l'aire de pansage (6x7 environ), qui est séparé de la stabulation par des fils élastiques électrifiables. Il a de l'eau, du foin, sa litière est propre et épaisse, je peux retourner dormir sans soucis.

 

Lorsque je reviens à midi, Dalgo va bien. Il fait les yeux doux à Grana, qui est dans l'autre stabul de l'écurie et qui termine son foin... Et surprise : dans la litière de Dalgo, il y a Houdi! ... qui a passé le fil élastique... qui a renversé le seau... fini le foin... fouillé la litière... exploré un peu tout... C'est vrai que ça manquait un peu de bêtises de poulain, ces temps derniers. Bon. je remets de l'eau, du foin, et laisse les 2 compères ensemble : que pourrait-il bien se passer, tout est sécurisé. Et je m'en retourne cuver ma migraine, comateuse.

 

Retour à l'écurie sur le coup de 16.00... et vision d'horreur! La brouette est cul par dessus tête, son contenu répandu dans toute l'écurie, Houdi a fait le ménage à sa façon. Il y a des crottins partout. Le seau d'eau a visiblement subit un traitement de choc vu ses formes improbables. une corde machouillée aussi... Bon, il est temps de mettre un terme à cette courte (et fructueuse) carrière de garde-malade. Un petit fil électrique plus tard (ouh la vilaine), Houdi comprend que passer les élastiques, ce n'est pas l'idée du siècle.

 

Un peu de foin, un seau d'eau fraîche, sa litière nettoyée et retapée, Dalgo réintègre ses appartements, seul, et en meilleure forme : il est moins "sur des oeufs" et ses fourchettes ne sentent pas... Quant à moi, je retourne encore me reposer un peu, et nous verrons bien comment évoluent ces fourchettes d'ici demain... J'ai encore un paddock "de secours" herbu et non inondé, qui ferait peut-être bien le bonheur de mon malade... que je déteste décidément tenir en boxe.

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Published by Pascaline Martin
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